Dans ma précédente tribune, j'avais lancé une alerte : le Sénégal souffre, le pouvoir se déchire et l'opposition doit se rassembler.
Le double rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) en commission des finances de l'Assemblée nationale vient malheureusement confirmer la gravité de la crise au sommet de l'État.
Pendant que les Sénégalais suffoquent sous le poids de la vie chère, que les entreprises attendent leurs paiements et que les travailleurs s'inquiètent pour leur avenir, les dirigeants semblent davantage préoccupés par leurs querelles que par les urgences nationales.
Le Sénégal ne peut pas être pris en otage par les rivalités de ses dirigeants !
Le président de la République doit agir
Le président Bassirou Diomaye Faye, clé de voûte des institutions, doit prendre ses responsabilités. Il ne peut rester spectateur d'une confrontation entre l'Exécutif et sa propre majorité parlementaire.
Je propose qu'il demande au Premier ministre d'engager la responsabilité de son Gouvernement sur la LFR, conformément à l'article 86 de la Constitution.
Deux issues sont possibles : soit la motion de censure n'est pas adoptée et le projet de loi est considéré comme adopté ; soit elle l'est et le Premier ministre remet la démission de son Gouvernement.
Dans cette seconde hypothèse, le président pourrait envisager de reconduire immédiatement le Premier ministre et son équipe. Le texte serait alors représenté devant l'Assemblée nationale et la responsabilité du Gouvernement de nouveau engagée.
L'interdiction constitutionnelle de déposer une seconde motion de censure au cours de la même session parlementaire ouvre une perspective de sortie de crise qui mérite d'être sérieusement examinée par les constitutionnalistes.
L'objectif est simple : sortir de l'impasse, rétablir le fonctionnement des institutions et permettre au pays de disposer de son cadre budgétaire, tout en préparant sereinement le vote de la loi de finances initiale 2027.
Les institutions de la République ne doivent pas être les otages des querelles politiques !
L'opposition doit enfin se rassembler
La responsabilité est également celle de l'opposition.
Le récent discours d'Idrissa Seck, patriarche de la classe politique sénégalaise, doit être entendu. Nous devons surtout donner corps à la déclaration de Cheikh Oumar Anne, coordinateur général de la Nouvelle Responsabilité, en faveur d'un grand rassemblement de l'opposition.
Il est temps de dépasser les ambitions individuelles et les querelles de chapelles.
Cette dynamique doit pouvoir se construire autour d'Amadou Ba.
Son expérience de l'État, sa connaissance des réalités économiques et son parcours gouvernemental constituent des atouts précieux dans la situation actuelle.
Je considère qu'il doit désormais assumer pleinement son rôle de leader naturel de l'opposition et prendre l'initiative du rassemblement.
Il ne s'agit pas d'imposer un homme, mais de fédérer les énergies autour d'une ambition collective.
Le moment Amadou Ba doit être celui de l'espoir, du rassemblement et de la préparation d'une véritable alternative dès 2027.
Cette alternative doit reposer sur un programme crédible : redressement des finances publiques, règlement de la dette intérieure, relance du secteur privé, lutte contre la vie chère, soutien à l'agriculture et création d'emplois pour notre jeunesse.
À Nouvelle Responsabilité, nous devons prendre toute notre place dans cette dynamique.
Le Sénégal au-dessus de nos ambitions !
Notre pays traverse une crise institutionnelle qui risque de devenir une crise économique majeure.
Le pouvoir doit sortir de ses contradictions. L'opposition doit sortir de sa dispersion. Le peuple doit redevenir la priorité.
PASTEF et KIRAY peuvent poursuivre leurs divergences politiques, mais les institutions de la République ne doivent jamais en être le terrain d'affrontement.
Nous ne pouvons pas prétendre gouverner demain si nous sommes incapables de nous entendre aujourd'hui.
Le Sénégal est plus grand que nos partis, nos ambitions personnelles et nos querelles.
C'est le temps de la responsabilité pour le pouvoir. C'est le temps du rassemblement pour l'opposition. C'est le temps de l'espoir pour le peuple sénégalais.
C'est le temps du président Amadou Ba, mais surtout le temps d'une opposition unie au service du Sénégal !
APRÈS LE DOUBLE REJET DE LA LFR, LE TEMPS DES RESPONSABILITÉS : AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE D'AGIR, À L'OPPOSITION DE S'UNIR !
Assane Sow
Parti Nouvelle Responsabilité
Président de RAFETAL
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Kaw Oumar Sarr