Persidang, c’est pas normal un piti mouton à 800.000 F

post « 145 décès….. », annonça encore la radio. Ngagne fit semblant de ne pas entendre, mais tressaillit murmurant tout bas : « baakh na daal ! ». Son cousin étant sorti faire des courses, il appela la servante qui accourut. « Vas m’acheter de la cola ». Il s’étala sur la moquette cette fois-ci, les yeux rivés au plafond.

Il pensait au mouton que lui proposait le Téfanké à 800.000 F. « Je comprends maintenant pourquoi les habitants de la capitale ne puissent épargner. Une bête de quelques 25 kilogrammes viande et presque 10 kg d’os à ce prix ? Et paradoxalement, ils vont l’acheter pour, disent-ils, satisfaire Madame. Le plus curieux dans toute cette affaire, c’est qu’après la Tabaski, ils vont s’endetter pour survivre. Loukafi diar ? » (A quoi bon.), se lamenta Ngagne.

La sonnerie de la porte retentit et il s’empressa d’aller ouvrir. Il trébucha, tomba de tout son poids et s’évanoui. Son cousin revint deux heures plus tard et s’étonna de voir son hôte étalé sur a moquette. Il le réveilla sans succès. Alors, il lui versa de l’eau froide et Ngagne sursaute pour crier : « Persidang, c’est pas normal un piti mouton à 800.000 F ». (Président, ce n’est pas acceptable un petit mouton à 800.000 F). Dans son rêve, l’homme de Dodji croyait se trouver en face de son président !

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Persidang, c’est pas normal un piti mouton à 800.000 F

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