Depuis 2006, la ville de Thiès fait face à des inondations régulières qui plongent ses quartiers dans le chaos chaque année. Ces phénomènes météorologiques, qui semblent s’intensifier avec le temps, suscitent de plus en plus de questions parmi les populations : à qui la faute ?

S’agit-il d’un simple problème climatique ou d’une responsabilité humaine dans la gestion de l’urbanisme et des infrastructures ? Les années qui ont suivi l’avènement de ces inondations ont été marquées par une bataille politique entre l’ancien maire Idrissa Seck et ses adversaires, notamment ses mentors. Après seulement quatre ans d’exercice du pouvoir ( 2000-2004), des chantiers (4 4 44) ambitieux ont été lancés pour moderniser la deuxième ville du Sénégal, avec notamment la mise en place d’un réseau ferroviaire et la construction d’infrastructures modernes. Cependant, l’arrêt brutal de ces travaux a laissé de nombreux projets inachevés ou abandonnés. Résultat : des ouvrages essentiels pour drainer les eaux pluviales n’ont jamais été réalisés ou sont aujourd’hui délaissés, aggravant la situation lors des pluies. Les populations, qui supportent chaque année le poids de ces inondations, accusent la mauvaise gestion et l’incurie. Lors de notre dernier reportage effectué le samedi 30 août 2025, plusieurs habitants ont exprimé leur exaspération : caniveaux non entretenus, caniveaux bouchés ou bétonnés dans certaines zones, et même des voies naturelles de drainage modifiées ou fermées. Notamment, la rue située entre le Passage "Foukki Bountou" et Auchan, qui servait autrefois de voie naturelle d’évacuation des eaux, a été modifiée par la construction d’une boutique, empêchant ainsi l’écoulement normal des eaux de ruissellement. Ce constat soulève la question centrale : Thiès sous les eaux, une volonté humaine ? La réponse semble se dessiner dans la complexité des responsabilités. La mauvaise gestion des infrastructures, la prise de décisions urbanistiques discutables, voire la négligence dans l’entretien des caniveaux, contribuent largement à la persistance de ce fléau. La déforestation, l’urbanisation anarchique et le bétonnage excessif des zones naturelles de drainage accentuent également la vulnérabilité de la ville face aux inondations. Face à cette situation critique, les nouvelles autorités étatiques ont du pain sur la planche. Il est urgent de repenser la gestion urbaine, de restaurer et d’entretenir les caniveaux, et de poursuivre les travaux inachevés pour assurer un meilleur drainage des eaux. La question de la responsabilité humaine ne doit pas rester sans réponse : la ville de Thiès, comme bien d’autres, a besoin d’une volonté politique forte, d’une planification rigoureuse et d’une implication citoyenne pour sortir de cette boucle infernale.

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La déforestation, l’urbanisation anarchique et le bétonnage excessif des zones naturelles de drainage accentuent également la vulnérabilité de la ville face aux inondations.

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