Thiès, 07 septembre 2025 la coopérative des ferrailleurs du Sénégal a organisé une rencontre de protestation devant leur dépôt à Thiès, pour dénoncer la détérioration de leur secteur et alerter les autorités sur la menace qui pèse sur leurs emplois.
Cheikh Yalli, président de la coopérative, a pris la parole face à la presse pour exposer la situation critique dans laquelle ils se trouvent. Selon ses déclarations, les ferrailleurs sénégalais ont longtemps alerté le ministère de l’Industrie et du Commerce sur la concurrence déloyale des fabricants locaux, qui détiennent des licences leur permettant de fabriquer à partir de fer collecté localement. « Depuis longtemps, nous avons signalé que ces fabricants devraient acheter les ferrailles collectées par nous avant de produire leurs articles finis, comme le fer rond », explique-t-il. Cependant, la situation a empiré : ces usines ont désormais cessé d’acheter nos ferrailles, préférant importer du brut ou transformer des baguettes importées, entraînant une surproduction et la disparition progressive des ferrailles locales. Cheikh Yalli dénonce également que ces fabricants ont bénéficié, par le passé, de financements étrangers, notamment indiens, pour soutenir la collecte locale. Aujourd’hui, ils privilégient l’importation de produits finis, ce qui fragilise l’économie locale et met en péril les milliers d’emplois liés au secteur. Il raconte qu’à l’usine, leur produit est souvent rejeté sous prétexte qu’il y aurait trop de fonte, et que, lors du pesage, ils doivent payer une taxe de 40 000 FCFA par tonne, une pratique qu’il qualifie d’injuste et d’inacceptable. Face à cette situation, l'association lance un appel aux plus hautes autorités du pays. Cheikh Yalli sollicite l’intervention de Bassirou Diomaye Faye, président de la République, du Premier ministre Ousmane Sonko, et du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop. « Nous risquons de perdre beaucoup d’emplois, plus de 70 000 selon nos estimations, si rien n’est fait. Notre secteur est menacé par la voracité des multinationales et des intermédiaires qui ne pensent qu’à leur commission », dénonce-t-il. Mme Kane, représentante de l’Association des ferrailleurs du Sénégal, pointe également du doigt le rôle néfaste des intermédiaires, qu’elle accuse de polluer le secteur en ne se souciant que de leurs profits. Elle insiste sur la nécessité pour l’Etat d’impliquer davantage les acteurs de terrain dans la gestion du secteur pour éviter sa disparition, qui aurait des conséquences désastreuses sur l’économie locale et la cohésion sociale. Lors de cette rencontre, une dizaine de ferrailleurs portaient des tee-shirts rouges, symbole de leur mécontentement, et ont manifesté leur désespoir face à une situation qui pourrait entraîner la fermeture de leur dépôts, avec à la clé la perte de milliers d’emplois. Les acteurs appellent à une action urgente pour préserver ce secteur stratégique dans le cadre de l’ambitieux programme de transformation du Sénégal à l’horizon 2050.
Les acteurs appellent à une action urgente pour préserver ce secteur stratégique dans le cadre de l’ambitieux programme de transformation du Sénégal à l’horizon 2050.
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Kaw Oumar Sarr