Les récentes prises de parole de Idrissa Seck et de Cheikh Oumar Anne ont retenu l'attention de nombreux Sénégalais. Elles ont surtout le mérite de remettre au cœur du débat la question de l'avenir de notre démocratie et du devenir de l'opposition sénégalaise.
Je voudrais d'abord féliciter ces deux dignes fils de Thiès dont l'engagement constant participe à enrichir le débat public national. Leur expérience, leur connaissance de l'État et leur attachement au Sénégal constituent aujourd'hui des atouts majeurs pour notre pays.
S'agissant de Idrissa Seck, personne ne peut contester qu'il fait partie des hommes politiques les plus expérimentés de sa génération. Ancien Premier ministre, ancien président du Conseil économique, social et environnemental, acteur majeur de la vie politique sénégalaise depuis plusieurs décennies, il bénéficie d'une notoriété qui dépasse largement nos frontières. Son parcours, son expérience des affaires de l'État et sa connaissance des enjeux nationaux lui confèrent une responsabilité particulière dans le contexte actuel.
À Thiès, son empreinte demeure visible. Les populations gardent encore en mémoire les grands projets et les nombreuses réalisations qui ont contribué à moderniser et à développer cette ville stratégique du Sénégal. Son attachement à Thiès et son engagement pour le développement national sont des faits reconnus par tous, même par ses adversaires politiques.
Mais aujourd'hui, compte tenu de son âge, de son expérience et de la situation difficile que traverse notre pays, Idrissa Seck n'a plus le droit de rester en retrait. L'heure n'est plus à une ambition personnelle. L'heure est à la construction.
Je suis convaincu que son rôle n'est plus de chercher à diriger une liste électorale ni à porter une candidature présidentielle. Son véritable défi historique est ailleurs. Il doit mettre son expérience, son prestige et son réseau politique au service de la réunification de l'opposition sénégalaise.
Peu d'hommes politiques disposent aujourd'hui de la capacité de dialoguer avec l'ensemble des sensibilités de l'opposition. Idrissa Seck entretient des relations respectueuses avec plusieurs leaders majeurs de l'espace politique national. Cette position exceptionnelle doit être mise au service de l'intérêt supérieur de la nation.
Le Sénégal a besoin d'un patriarche capable de rapprocher les différentes forces politiques, qu'il s'agisse de l'AFP, de Rewmi, de la Nouvelle Responsabilité, du Parti socialiste, du mouvement de Khalifa Sall, du parti de Alioune Sarr, celui de Thierno Alassane Sall et de toutes les autres sensibilités qui partagent l'ambition d'offrir une alternative crédible aux Sénégalais.
Comme l'a souligné récemment le ministre Cheikh Oumar Anne, l'opposition a besoin d'une large coalition pour répondre efficacement aux attentes et aux souffrances des populations sénégalaises.
Cette dynamique de rassemblement pourrait naturellement se construire autour du leader le plus représentatif de l'opposition actuelle, le président Amadou Ba, qui est sorti de la dernière élection présidentielle avec près de 35 % des suffrages. Une telle coalition permettrait d'aborder dans les meilleures conditions les prochaines élections locales et législatives, tout en faisant de l'échéance présidentielle de 2029 un véritable référendum sur l'avenir du Sénégal.
L'Histoire offre parfois à certains hommes une dernière grande mission. Pour Idrissa Seck, cette mission n'est plus de conquérir le pouvoir. Elle est de contribuer à l'unité de ceux qui aspirent à une alternative politique crédible.
Demain, il pourra continuer à servir son pays dans un rôle de sage, de stabilisateur et de garant des équilibres institutionnels, à l'image de ce que fit Moustapha Niasse à certaines périodes de notre vie politique. Il pourrait également contribuer à redonner à l'Assemblée nationale toute sa noblesse et toute sa place dans l'architecture démocratique de notre pays.
Le Sénégal gagnerait énormément à voir l'un de ses fils les plus expérimentés mettre sa sagesse, son carnet d'adresses et son influence au service du rassemblement de l'opposition. Car au-delà des hommes et des partis, c'est l'intérêt supérieur de la nation qui doit désormais guider toutes les démarches politiques.
Idrissa Seck face à son rendez-vous avec l'Histoire pour l'intérêt supérieur de la Nation
Par Assane Sow
Nouvelle Responsabilité Thiès. Président de RAFETAL
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Kaw Oumar Sarr