Il arrive un moment où alerter ne suffit plus. Il faut décider, agir et assumer.
Cette tribune sera la dernière de ma série consacrée à la crise autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Après avoir tiré la sonnette d'alarme sur les divisions au sommet de l'État, proposé des pistes de sortie de crise et appelé à la construction d'une alternative politique, je voudrais aujourd'hui adresser un message sans détour au président de la République et à l'ensemble de l'opposition.
Le Sénégal ne peut pas continuer à naviguer dans une telle incertitude. Le moment exige de la hauteur, du courage et, surtout, des décisions.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, L'HISTOIRE VOUS INTERPELLE !
Monsieur le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, vous êtes la clé de voûte des institutions et le gardien de la Constitution. Cette responsabilité vous confère un rôle particulier dans les moments où la République traverse des turbulences.
Le président de la République ne doit pas seulement être le garant de la stabilité institutionnelle lorsque tout va bien. C'est précisément dans les moments de crise que sa fonction prend toute sa dimension.
Quand l'avenir s'assombrit, c'est au chef de l'État de montrer le chemin. Sauf si vous êtes vous-même perdu dans cette crise, ce que Dieu nous en garde !
Il vous appartient aujourd'hui de siffler la fin de la récréation et de rassurer les Sénégalais. Le pays attend une initiative présidentielle à la hauteur de la situation.
À mon humble avis, vous devriez prendre l'initiative d'une démarche urgente auprès du président du Conseil constitutionnel, afin de solliciter, dans le respect absolu de son indépendance et de ses prérogatives, un éclairage sur les possibilités constitutionnelles et institutionnelles permettant de sortir de cette impasse.
Il ne s'agit ni de contourner le Parlement ni d'affaiblir les institutions. Il s'agit de rechercher, par les voies républicaines, une issue à une situation qui ne peut durablement se prolonger.
Je n'exclus pas non plus la nécessité d'un discours à la nation. Les Sénégalais ont besoin d'entendre leur président. Ils attendent des explications, une vision et des perspectives. Ils veulent surtout être rassurés sur la capacité de l'État à maîtriser la situation et à préserver les intérêts supérieurs du pays.
Un tel discours serait également un signal important adressé à nos partenaires techniques et financiers. La confiance ne se réclame pas : elle se construit par la cohérence des décisions, la prévisibilité des engagements et la stabilité des institutions.
Mais cette sortie de crise doit aller au-delà de la LFR 2026. Elle doit permettre d'anticiper et de baliser le chemin vers l'élaboration et l'adoption de la loi de finances initiale 2027.
Gouverner, c'est prévoir. C'est éviter que les difficultés d'aujourd'hui ne deviennent les impasses de demain.
Monsieur le Président, le silence n'est plus une option. L'initiative présidentielle est attendue.
OPPOSITION : L'HISTOIRE NOUS APPELLE AU RASSEMBLEMENT !
Mais le sursaut national ne saurait reposer uniquement sur les épaules du pouvoir. L'opposition a, elle aussi, rendez-vous avec l'histoire.
À tous les responsables politiques, aux militants, aux élus, aux sympathisants et à tous ceux qui aspirent à une autre trajectoire pour le Sénégal, je voudrais lancer un appel : le moment est venu de transformer nos différences en une force collective.
Nous avons nos parcours, nos sensibilités, nos convictions et parfois nos désaccords. Nous n'avons pas nécessairement vocation à penser de la même manière ni à renoncer à nos identités politiques. Mais nous avons le devoir de nous retrouver autour d'un objectif supérieur : construire une alternative crédible pour notre pays.
Le Sénégal n'attend pas de nous que nous soyons tous d'accord sur tout. Il attend que nous soyons capables de nous accorder sur l'essentiel.
Je crois profondément qu'un grand rassemblement de l'opposition peut devenir le point de départ d'une nouvelle espérance. Et je reste convaincu que cette dynamique peut se construire autour du Président Amadou Ba.
Les 34 % obtenus lors du premier tour de la dernière élection présidentielle constituent un capital électoral important. Mais ce résultat ne saurait être un titre de propriété sur l'opposition. Il confère surtout une responsabilité : celle de prendre des initiatives, de fédérer les énergies et de rendre possible une ambition commune.
C'est pourquoi j'invite le Président Amadou Ba à prendre pleinement cette initiative historique. Son expérience de l'État et son assise électorale peuvent contribuer à créer les conditions d'un rassemblement large, ouvert et respectueux de toutes les sensibilités.
Il ne s'agit pas de demander aux uns de disparaître au profit des autres, encore moins d'imposer un leadership par décret. Il s'agit de construire une maison politique commune dans laquelle chaque formation, chaque leader et chaque citoyen désireux de contribuer à une nouvelle trajectoire nationale trouvera sa place.
À chacun de faire un pas. Aux leaders de faire preuve de hauteur. Aux partis de dépasser leurs réflexes de chapelle. Aux militants de comprendre que l'avenir du Sénégal est plus important que les querelles de personnes.
Nous devons avoir le courage de dépasser nos ambitions individuelles pour construire une ambition collective. C'est à cette condition que nous pourrons préparer une alternance sérieuse, crédible et porteuse d'espoir.
À Nouvelle Responsabilité, nous sommes prêts à prendre toute notre part dans cette dynamique. Nous ne voulons pas être de simples témoins de la construction d'une alternative : nous voulons en être des acteurs.
Car l'opposition n'a pas seulement vocation à contester le pouvoir. Elle a le devoir de préparer le pouvoir de demain.
LE SÉNÉGAL AVANT LES HOMMES !
Nous avons beaucoup parlé de souveraineté. Mais la souveraineté ne peut se réduire à un slogan ou à une posture politique. Elle doit se traduire par notre capacité à décider, à gouverner, à assumer nos choix et à améliorer concrètement le quotidien de nos concitoyens.
Entre la souveraineté promise et le « souleunté » qui semble s'installer, le Sénégal doit retrouver son chemin.
Monsieur le Président, prenez vos responsabilités. Opposition, rassemblons-nous ! Chaque acteur politique doit comprendre que le Sénégal est plus grand que ses ambitions.
L'histoire ne retiendra pas ceux qui auront gagné les querelles politiques de ce moment. Elle retiendra ceux qui auront eu le courage de préserver l'essentiel.
On ne demande pas aux dirigeants d'être infaillibles. On leur demande d'être à la hauteur de la confiance que le peuple leur a accordée.
SOULLY SÉNÉGAL !
Le Sénégal n'a pas besoin de propriétaires de la République. Il a besoin de serviteurs de la nation.
Le Sénégal avant les hommes.
La République avant les partis.
L'avenir du peuple avant les ambitions personnelles.
C'est cela, la Nouvelle Responsabilité.
SOULLY SÉNÉGAL ! DE LA SOUVERAINETÉ PROMISE AU « SOULEUNTÉ » NATIONAL : IL EST TEMPS D'AGIR !
Assane Sow
Nouvelle Responsabilité
Président de RAFETAL
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Kaw Oumar Sarr