Connaissez-vous l'histoire de ce collier ?Saviez-vous qu'il a été forgé dans les profondeurs du Fouta ? Plus précisément (selon des témoins de l'histoire) en 1967 à Nganno dans le département de Kanel, région de Matam par deux orfèvres locaux, Samba Sy et Mamadou Sylla.

post Des témoins oculaires sont encore vivants, et la presse a le devoir de les mettre en lumière.Personnellement, j'ai écouté le témoignage d'une dame qui décrit le processus avec une précision et des détails difficilement contestables. La légende raconte que, informées que leur village doit donner en cadeau un lion à Abdou Salam Kane, chef de cercle de Kanel (1879-1955), les populations se réunissent pour désigner les braves hommes qui doivent aller à la recherche d'un lion. Les commis de Ngano finissent par tomber sur une lionne et ses deux lionceaux, et avec leurs flèches, ils tuent la lionne et récupèrent les lionceaux pour les offrir au chef de cercle. Selon un témoin, « nos grands-parents et nos parents racontaient fièrement cet exploit de Ngano et nos voisins (les populations des villages environnants) nous admirent pour ça ». L'homme de 66 ans, habillé tout en blanc, poursuit : « Les deux lionceaux ont été gardés quelques mois à Kanel avant d'être transportés à Dakar. » C'était avant notre indépendance, et nos parents nous ont expliqué que l'un des lionceaux a été emmené en France. Plusieurs interlocuteurs affirment que le lionceau qui est resté à Dakar a été gardé au parc de Hann, où ils ont eu à visiter sa cage sur laquelle il était inscrit Ngano. Les populations de Ngano ne s'arrêtent pas là, car, pour elles, les deux lions en marbre au palais de la République représentent les deux lionceaux attrapés à Ngano durant la colonisation et donnés en cadeau au chef de cercle de Kanel.
Voilà des choses qu'on devrait nous enseigner à l'école. À défaut, nous les rappelerons dans des moments aussi solennels que l'installation du président de la République. Les créateurs/inventeurs de ce joyau doivent aussi être connus du peuple et célébrés par la nation à la hauteur de leur œuvre.Pour l'histoire et selon les témoignages que j'ai pu écouter, lorsqu'en 1967 le président Senghor devait effectuer une visite au Fouta, les notables du terroir se demandèrent quel meilleur cadeau remettre au cousin/esclave Sérère en visite au pays des maîtres poulars. Il fut finalement retenu de lui offrir ce qu'il y a de plus précieux : de l'or ! Et un kilogramme d'or fut trouvé. Mais, à seulement trois jours de l'arrivée du Président, il fallait bien trouver un bijoutier capable de réaliser la commande dans les délais. Presqu'aucun des forgerons contactés ne s'est estimé en mesure de livrer la chaîne dans les soixante-douze heures, à l'exception d'un certain Samba Sy. Ce dernier, lui-même soutenu, ne peut relever le défi qu'à la condition d'avoir un binôme dans l'exécution de la tâche. Le nom Mamadou Sylla se porte volontaire à l'assister.Les deux bijoutiers élus forgeaient dans le village de Nganno et la fameuse parure aux treize anneaux put être livrée avant l'arrivée tant attendue du président Léopold Sédar Senghor.L'avion présidentiel atterrit à l'aérodrome d'Ourossogui, où le collier fut mis, pour la première fois, au cou du poète-président, émerveillé par le savoir-faire de ses hôtes. Pour rester factuel, il sied quand même de préciser que la chaîne de Nganno dormirait aujourd'hui quelque part dans les archives de la République. Mais l'important est que l'actuel collier en constitue une réplique plus ou moins fidèle. Ce pan important de l'histoire de notre République mérite d'être connu de tous, comme tant d'autres pages de notre passé commun que nous n'aurions jamais dû ignorer ! En tout cas, hasard de l'histoire, Nganno est le village d'origine de Kalidou Koulibaly, capitaine de la première équipe nationale de football du Sénégal à soulever un trophée continental en massif.

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Cette relation est transitive. Or, Nganno, Sénégal, a assurément la peau dure et pourvu que ça dure !

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