Les chauffeurs affiliés à la plateforme de transport Yango à Thiès ont décidé de suspendre leur collaboration avec l'application, créant ainsi une nouvelle organisation dénommée « Les Chauffeurs en Ligne ».
Cette mobilisation collective intervient après une assemblée générale tenue dans un hôtel de la ville, où une majorité de chauffeurs ont exprimé leur mécontentement face aux conditions imposées par la plateforme. Lors de cette rencontre, Bathie Tall a été élu président de la nouvelle association, avec pour objectif principal de défendre les intérêts des chauffeurs et de lutter contre ce qu'ils considèrent comme une exploitation. Selon lui, la plateforme Yango tire profit de leurs efforts, en leur imposant des conditions jugées injustes, notamment en matière de rémunération et de frais de fonctionnement. Le président a expliqué que sur un total de 141 chauffeurs, plus de 40 ont déjà décidé de sortir de la plateforme pour créer leur propre structure. Il dénonce notamment une augmentation du nombre de courses nécessaires pour atteindre la même rémunération : « Avant, il fallait faire 22 courses pour toucher 18 000 FCFA. Maintenant, ils exigent 27 courses pour la même somme. De plus, chaque jour, il faut recharger 1000 FCFA par wave pour pouvoir ouvrir l’application Yango. » Les chauffeurs se plaignent également du manque de transparence concernant le paiement, notamment lors de trajets où ils ne connaissent pas à l’avance le montant que le client doit payer. Des exemples concrets ont été évoqués, comme un chauffeur qui doit se rendre à Médina Fall en partant de l’hôpital régional de Thiès, sans savoir à l’avance combien il sera payé une fois la course terminée. Face à cette situation, la majorité des chauffeurs estiment qu’il devient impossible de travailler dans de bonnes conditions sous le régime de Yango, qu'ils accusent d’exploiter leur travail. Plusieurs véhicules ont d’ailleurs été retirés du circuit, témoignant de la volonté de certains de se libérer de cette dépendance. Les chauffeurs annoncent qu’ils continueront leur mouvement de boycott et qu’ils travailleront désormais pour leur propre compte, en espérant pouvoir négocier de meilleures conditions dans un futur proche. La situation reste en évolution, et de nouvelles informations seront communiquées prochainement.
Les chauffeurs de Thiès montrent ainsi leur détermination à défendre leurs droits et à trouver une alternative face à ce qu’ils considèrent comme une exploitation systématique.
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Kaw Oumar Sarr