L’adjoint au gouverneur de Thiès chargé du Développement appelle à une mobilisation collective pour garantir la dignité, la sécurité foncière et l’insertion socioéconomique des communautés affectées par la lèpre.

post Thiès, jeudi 5 novembre 2026 l’adjoint au gouverneur de la région de Thiès chargé du Développement, Monsieur Ababacar Sadikh Niang, a présidé, ce jeudi, les travaux du Comité régional de Développement (CRD) consacrés au partage du Programme de Résilience des Communautés affectées par la Lèpre (PRCAL) et à la restitution des résultats de la collecte de données et des consultations communautaires menées dans les ex-villages de reclassement social de Touba Peycouk et de Mballing. Cette rencontre fait suite à une mission de terrain conduite du 2 au 4 novembre 2026, qui a permis aux autorités administratives, aux services techniques, aux collectivités territoriales et aux partenaires de développement d’échanger directement avec les populations concernées sur leurs conditions de vie, leurs difficultés et leurs attentes. Dans son discours d’ouverture, Monsieur Ababacar Sadikh Niang a rappelé l’importance stratégique que l’État du Sénégal accorde à l’inclusion sociale et à la restauration de la dignité des personnes vulnérables, conformément à l’axe 2 de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et à la Stratégie nationale de Développement 2025-2029. Il a, à cet effet, rendu hommage à Madame la Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités pour son engagement en faveur des personnes affectées par la lèpre. Il a également salué la collaboration du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à travers le Programme national d’Élimination de la Lèpre, ainsi que l’accompagnement des partenaires techniques et financiers, notamment la DAHW, l’ONG Action Damien, l’ASCL/MTN, l’ASAAL et le CHOM. L’abrogation de la loi de 1976, une nouvelle étape vers l’inclusion. Revenant sur le contexte historique et juridique de cette initiative, l’adjoint au gouverneur a souligné que la loi n°76-03 du 25 mars 1976, qui régissait les villages de reclassement social, a longtemps encadré la situation des personnes affectées par la lèpre. Si elle répondait initialement à une volonté de protection, elle a également contribué, au fil du temps, à entretenir l’isolement et la stigmatisation de ces populations et de leurs familles. L’abrogation de cette loi par la loi n°2023-04 du 13 juin 2023 constitue ainsi une étape importante dans la reconnaissance des droits et de la pleine citoyenneté des habitants des anciens villages de reclassement social. La région de Thiès est particulièrement concernée par cette réforme, puisqu’elle abrite Mballing, le plus grand ancien village de reclassement social du pays, ainsi que Touba Peycouk, deux des neuf anciens villages recensés à l’échelle nationale. Toutefois, Monsieur Niang a insisté sur le fait que la réforme juridique ne saurait, à elle seule, transformer les conditions de vie des populations. Plusieurs défis demeurent, notamment la sécurisation foncière des terres et des habitations, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, le développement de moyens d’existence durables et l’intégration effective de ces localités dans les mécanismes de gouvernance des collectivités territoriales. C’est dans cette perspective que s’inscrit le Programme de Résilience des Communautés affectées par la Lèpre (PRCAL), élaboré par la Direction générale de l’Action sociale (DGAS) comme mesure d’accompagnement de la réforme.
La mission conduite du 2 au 4 novembre 2026 a permis de rencontrer les autorités administratives et territoriales, les services techniques déconcentrés ainsi que les populations de Touba Peycouk et de Mballing, à travers des consultations et des dialogues communautaires. Ces échanges ont notamment porté sur les préoccupations des habitants, leurs besoins prioritaires et les solutions envisageables pour améliorer durablement leurs conditions de vie. En complément de cette démarche participative, des kits alimentaires ont été remis aux familles. Un film documentaire a également été engagé afin de contribuer à la lutte contre la stigmatisation et de favoriser une meilleure compréhension de la réalité vécue par les personnes affectées par la lèpre. Saluant le travail accompli par les membres de la mission, l'adjoint au gouverneur a souligné la qualité de la démarche participative adoptée, tout en mettant en avant la contribution essentielle des populations, dont les témoignages et recommandations constituent une base importante pour les décisions à prendre. Pour Monsieur Ababacar Sadikh Niang, le CRD ne doit pas se limiter à un exercice de restitution. Il doit déboucher sur des décisions concrètes et des engagements clairement définis.
À cet effet, il a fixé trois principaux résultats attendus des travaux : la validation des constats et analyses issus de la mission de terrain ; l’adoption de recommandations précises en faveur d’une gouvernance inclusive et de la sécurisation des acquis sociaux et fonciers ; et l’élaboration d’un plan d’action communautaire assorti de priorités, de responsables désignés et d’un chronogramme réaliste. Il a particulièrement invité les services techniques concernés, notamment ceux du cadastre, de l’urbanisme, des domaines, de l’hydraulique, de l’assainissement, de l’éducation et de la santé, à formuler des propositions concrètes relevant de leurs domaines de compétence. L’objectif est de faire en sorte que les conclusions de cette rencontre se traduisent par des interventions coordonnées, adaptées aux réalités locales et susceptibles de produire des changements durables. « La lèpre se soigne, mais la discrimination ne disparaît que si nous changeons nos regards »
Au-delà des enjeux fonciers et socioéconomiques, la lutte contre la stigmatisation a occupé une place centrale dans le discours de l’autorité administrative. À ce propos, Monsieur Niang a lancé un appel à l’ensemble des acteurs institutionnels, communautaires et sociaux pour combattre les préjugés et les discriminations dont les personnes affectées par la lèpre continuent de faire l’objet. « La lèpre se soigne. Mais la discrimination ne disparaît que si nous changeons nos regards et nos mentalités », a-t-il rappelé, soulignant ainsi la nécessité de faire évoluer les perceptions sociales. Le film documentaire en cours de réalisation devra, selon lui, constituer un outil de sensibilisation important et bénéficier d’une large diffusion dans la région de Thiès.
En conclusion, l’adjoint au gouverneur a estimé que l’abrogation de la loi de 1976 ouvre une nouvelle page dans la politique d’inclusion des personnes affectées par la lèpre au Sénégal. Il appartient désormais aux pouvoirs publics, aux partenaires au développement, aux collectivités territoriales et aux communautés de traduire cette avancée juridique en progrès sociaux tangibles.

L'ambition affichée est de faire de Touba Peycouk et de Mballing des localités où les droits, la dignité, l'égalité des chances et la cohésion sociale sont pleinement garantis.

C’est sur cette perspective qu’il a officiellement déclaré ouverts les travaux du Comité régional de Développement consacré au partage du PRCAL et à la restitution des résultats de la mission de supervision conjointe dans les deux ex-villages de reclassement social.

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« Réinsertion sociale des communautés affectées par la lèpre : Thiès mobilise les acteurs autour de Touba Peycouk et Mballing »

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