C’est dans les périodes de crise que l'on mesure la grandeur d'un peuple.
Le Sénégal est profondément secoué par une affaire politico-judiciaire qui a viré au vinaigre et plongé dans le désarroi la jeunesse partagée par le rêve de vivre heureuse dans un pays qui se modernise, mais qui accuse un retard sur la récurrente question de l'emploi décent et celle d'une justice qui apaise.
Comment appréciez la situation du pays ?
La réflexion au-delà des confrontations politiques est d'essence sociétale : un conflit de générations. Cette conflictualité est mal gérée tant du côté de la majorité que de l'opposition. Le relais est mal assuré dans le jeu des responsabilités et des prises de décisions au sein de l'Apr et de la coalition Benno Book Yakaar que dans les coalitions oppositionnelles.Face à cette situation l’alternance générationnelle s’impose d’après l’avis des uns et des autres ?
La jeunesse réclame plus de positions de pouvoirs et de décisions, devant l'ancienne génération qui refuse obstinément de céder progressivement la place aux jeunes. Cette loi peut s'opérer de manière douce si les instruments et organes démocratiques fonctionnent correctement dans un système qui entretient horizontalement et verticalement l'alternance générationnelle.
Pour le Dialogue du chef de l’Etat Macky Sall votre commentaire ?Au regard des personnalités mises en avant dès l'ouverture du présent Dialogue National, l'on se pose la question : Est ce que les messages de la jeunesse depuis 2012 ont été bien perçus. Nous serions tentés de verser dans une réponse négative, tant la négligence ou le retard de promouvoir des jeunes compétents et écoutés interpelle le président de la république. Les anciens doivent céder à la nouvelle génération. La relève est assurée vue leur niveau intellectuel et de maturité de cette nouvelle génération qui colle avec les nouvelles technologies. Ils sont bien outillés pour diriger des instances de décisions et apporter un tonus dans l’économie sénégalaise. Sinon les frustrations vont continuer à mener les populations vers la dérive. Pour moi, le cas d’Ousmane Sonko est un phénomène encouragé par la médiocrité de certains responsables qui n’ont pas su décortiquer les émeutes de Mars 2021. Votre dernier mot ?
J'en appelle à la prise de conscience civique de la jeunesse de tous les partis politiques pour arrêter les violences gratuites exercées sur les personnes et les biens publics et privés, et la tenue des Assises de la Jeunesse en marge et en collaboration avec le Dialogue National. Je salue le courage politique du président de la majorité présidentielle, son excellence M. Macky Sall.
Papa Malick Sow Ingénieur routier polytechnicien et responsable politique APR Thiès.
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Kaw Oumar Sarr